Le choc du mot : ce que provoque un diagnostic d’Alzheimer
Dans ma pratique, je rencontre souvent des familles qui redoutent ce moment plus que tout : nommer la maladie. Le mot « Alzheimer » fait peur, il bouleverse, il envahit la pièce différemment d’autres diagnostics. Ce n’est pas un simple nom, c’est une avalanche de questions, d’angoisse, parfois de déni, et souvent, le début d’un deuil d’une vie « d’avant ».
En France, plus de 1,2 million de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer (source : Fondation Alzheimer, 2023). Et chaque année, près de 225 000 nouveaux diagnostics sont posés. Alors pourquoi ce moment reste-t-il si tabou ? Parce que nommer, c’est affronter. Et pourtant, bien annoncer le diagnostic, c’est déjà amorcer l’accompagnement.
Chaque famille a son histoire. Je me souviens d’une fille venue me trouver, bouleversée : « Mon père pense qu’il va retrouver sa mémoire avec des vitamines. Dois-je lui dire la vérité ? ». Derrière cette question, il y a la peur de briser quelque chose et, en même temps, le désir d’honnêteté.