Les biomarqueurs : une révolution… mais pas tout à fait pour demain
Aujourd'hui, lorsqu’un médecin évoque un diagnostic de maladie d’Alzheimer, il s’appuie parfois sur l’étude des biomarqueurs. Derrière ce mot complexe, il s’agit tout simplement de signes biologiques mesurables, qui trahissent la maladie. Dans le cas d'Alzheimer, les biomarqueurs les plus suivis sont :
- Le dépôt de la protéine amyloïde (plaque qui s’accumule entre les cellules du cerveau)
- L’augmentation de la protéine tau phosphorylée (qui abîme l’intérieur des neurones)
On peut repérer ces protéines soit sur une ponction lombaire (analyse du liquide entourant le cerveau), soit par une imagerie cérébrale de type PET-scan — des examens invasifs, coûteux, souvent réservés à des situations où le diagnostic est déjà très discuté.
Les tests sanguins : un espoir en plein essor
Depuis peu, des équipes internationales ont réussi à mettre au point des tests sanguins capables de détecter très tôt la trace de ces protéines (sources : Nature, 2023). En Europe, certains de ces tests commencent à être proposés dans des études. L'idée : une simple prise de sang, et l'on saurait si, oui ou non, le cerveau commence à pointer vers l’Alzheimer, parfois dix ou quinze ans avant.
C’est un bouleversement, parce que c’est :
- Beaucoup moins invasif : plus besoin de ponction lombaire, examen redouté
- Moins coûteux, donc accessible à plus de monde
- Plus facile à répéter (pour suivre l’évolution, par exemple)
Mais, pour l’instant, ces tests sont encore en évaluation, et ne font pas partie de la pratique courante en France. Il faudra attendre plusieurs années avant leur mise à disposition générale, notamment pour garantir leur fiabilité et éviter les faux positifs ou négatifs (source : Alzheimer’s Association, rapport 2023).