Le sommeil : gardien du cerveau… et du risque Alzheimer ?
Ce que nous disent les études récentes
Le sommeil n’est pas un simple repos. C’est le moment où le cerveau “fait le ménage”. Plus précisément, au cours du sommeil profond, le cerveau évacue certains déchets cellulaires, dont la fameuse protéine bêta-amyloïde. Or, son accumulation serait l’un des premiers marqueurs de la maladie d’Alzheimer (National Institute on Aging, 2023).
De nombreux travaux montrent que :
- Les personnes dormant moins de 6 h par nuit à long terme ont un risque accru de troubles cognitifs (étude Whitehall II, publiée dans Nature Communications, 2021, sur plus de 8000 participants).
- L’apnée du sommeil, fréquente après 60 ans, augmente la probabilité de développer Alzheimer (JAMA Neurology, 2019).
- Les éveils nocturnes répétés perturbent le nettoyage du cerveau. On observe alors une accumulation de bêta-amyloïde plus rapide chez les adultes présentant ce type de sommeil fragmenté.
Toutefois, il ne s’agit pas d’une causalité automatique : une personne dormant mal ne va pas forcément “attraper” Alzheimer. Mais le manque de sommeil chronique, notamment entre 45 et 65 ans (période d’accumulation silencieuse des lésions), augmenterait le risque relatif. Ce facteur s’additionne aux autres risques connus.
Le cercle vicieux sommeil-mémoire
C’est souvent dans l’autre sens que la question est posée : “Depuis sa maladie, il ne dort plus.” En réalité, le manque de sommeil chronique aggrave ensuite les troubles cognitifs, créant un cercle vicieux difficile à briser. Les réveils nocturnes, inversions du rythme, somnolence diurne… sont à la fois conséquence et facteur aggravant.