Quels sont les traitements aujourd’hui développés ?
Il y a plusieurs stratégies à l’étude. Mais ce sont surtout les anticorps monoclonaux qui, depuis quelques années, suscitent beaucoup d’espoir… et de questions.
1. Les anticorps monoclonaux ciblant la protéine amyloïde
Voici les traitements dont vous entendez parfois parler au journal ou en consultation mémoire : le lécanemab (Leqembi) et le donanemab, par exemple.
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Comment ça marche ?
- On injecte un anticorps (molécule du système immunitaire fabriquée en laboratoire) par perfusion dans le sang du patient.
- Ce « soldat » va reconnaître les plaques amyloïdes, s’y fixer, et permettre leur élimination par la microglie.
- L’objectif : relancer une “bonne” immunité pour nettoyer le cerveau.
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Pour qui ?
- Pour l’instant, ces traitements sont surtout testés en début de maladie (stade léger à modéré, diagnostic précoce).
- Certains essais sur des sujets à risque mais sans symptômes (pré-clinique) sont en cours.
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Quels résultats ?
- Le lécanemab ralentit la progression de la maladie de 27% sur 18 mois (source : NEJM, 2022), ce qui peut se traduire par quelques mois d’autonomie gagnée.
- Le donanemab montre aussi un ralentissement sur le score cognitif, mais chez des personnes très précocement diagnostiquées.
- Ce n’est pas un arrêt de la maladie, ni une guérison.
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Quels risques ?
- Effets secondaires notables : œdèmes cérébraux, micro-hémorragies (ARIA), survenus chez 21% des patients dans certaines études (source : FDA, 2023).
- Besoin d’un suivi très strict (IRM régulières), donc usage hospitalier pour l’instant, réservé à des profils très spécifiques.
2. D’autres pistes plus émergentes : modulation de la microglie et immunothérapies cellulaires
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Inhibiteurs de l’inflammation : Certaines molécules cherchent non plus à « nettoyer » mais à calmer la réaction inflammatoire excessive de la microglie (exemple : essais sur les inhibiteurs de la tyrosine kinase SYK, phase 1 à 2, source : Alzheimer’s Association 2023).
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Immunothérapies cellulaires : Elles pourraient « reprogrammer » la microglie pour qu’elle retrouve son rôle bénéfique, mais ce sont encore des stratégies étudiées sur modèles animaux (source : INSERM).
Et, à côté, la recherche explore des voies plus larges (compléments du système immunitaire inné, modulation du microbiote pour influencer la neuro-inflammation), mais nous ne sommes pas encore à l’étape des essais cliniques chez l’humain.